ULTRA TOUR DU BEAUFORTAIN (103 Km / 5850 m de D+)

Date : 16/07/2011

 

Niveau : 103 Km, 5850 m de D+

 

Partenaire : Alone

 

Remarque : Top 10 !

 

 

L’Ultra Tour du Beaufortain avec ses 103 km et 5900 m de dénivelé positif  était mon objectif de l’année. Le contrat a été plus que rempli.

 

C’est avec environs 70000 mètres de dénivelé dans les jambes depuis le début de l’année et quelques heures d’entraînements à ski, à pied et à vélo que j’arrive ce 16 juillet à Queige, lieu de départ de cet ultra tour. Mon objectif est de faire moins de 16h et de terminer dans les 20 premiers sur les 303 inscrits.

 

 

Le chantier !

 

 

Queige 4h05

 

Ca y est, le départ est donné, et, a ma grande surprise, ça part plutôt lentement. Tellement lentement que mon frère, qui fait également la course, est devant pendant les 400 premiers mètres. 3 minutes seulement après le départ, virage à droite, petit sentier et c’est parti pour 1500 mètres de dénivelé en one shot. Nous avions repéré cette montée il y a 3 semaines et je tablais sur 1h40. La montée déroule bien, les sensations sont bonnes, je suis placé en 15 éme position. Seul bémol durant la traversée d’un champ où une vache semble exprimer un certain courroux à mon égard au vu de sa position tête baissée et cornes en avant… Je contourne largement l’obstacle.

 

Roche Pourrie (8,5 Km, 1535 m de D+), 1h30 – 14 éme

 

Voilà, en 1h30 je suis à roche pourrie. 10 minutes d’avance sur le planning. Je ne m’inquiète pas plus que ça au vu de mes bonnes sensations. L’arrivée des premières lueurs coïncide avec notre arrivé au sommet… C’est quand même bien fait !

 

Refuge des Arolles (17 Km, 2032 m de D+), 2h44 – 13 éme

 

On enchaîne ensuite sur une rapide descente puis une courte remontée au col du lac et j’arrive finalement au refuge des Arolles en 2h44 à la 13 éme place avec mon frère et François Faivre qui lui finira 3 éme. Je m’inquiète un peu d’être autant devant après si peu de temps et redoute d’être parti trop vite… M’enfin bon, maintenant c’est trop tard, il faut assumer. Prochaine étape, le barrage de Saint Guérin puis la montée vers le Cormet d’Arêches où mon père doit nous faire l’assistance.

 

Cormet d’Arêches (34 Km, 2917 m de D+), 4h50 – 12 éme

 

La descente vers le barrage se passe sans souci, quelques agriculteurs en train d’effectuer la première traite de la journée nous encourage, bref, tout va bien. Suite au barrage, on entame alors les choses sérieuses. Mon frère et moi sommes 13 et 14 éme. Nous montons à un bon rythme, pour finalement rattraper David Laget peu avant le Cormet (je ne connaissais pas ce coureur mais il se trouve que c’est un des tous meilleurs Français sur marathon, le bonhomme a une perf en 2h16 sur la distance…) Au Cormet, notre père est là, comme l’année dernière sur le ½ UTMB, pour nous faire l’assistance. Je passe en tee-shirt, enfile une casquette, rempli la poche à eau et repars aussitôt. Je suis 12 éme. 3 cols nous attendent avant de descendre sur Plan Mya au niveau du Cormet de Roselend.

 

 

Barrage de Saint Guérin

 

 

 

Montée vers le Cormet d'Arêches

 

 

 

 Les sensations sont bonnes

 

 

 

Arrivée au ravito du Cormet

 

 

Col du Grand Fond (43 Km, 3807 m de D+), 6h40 – 11 éme

 

Premier col, le col du Coin. Je rattrape Mickael Didé qui subit un gros coup de moins bien peut avant de basculer, et file en direction du col à tutu. Ce col à Tutu est une vraie boucherie comme dirait l’autre ;-). Nous sommes maintenant au-dessus des 2500 mètres et la caillasse est omniprésente. Les encouragements des bénévoles au niveau du col à tutu m’incitent à me rentrer dedans. A 3-4 minutes, un mec me talonne et me talonnera jusqu’à Plan Mya avant d’abandonner. Bon, le col à Tutu, c’est fait. Je file maintenant vers le refuge de Presset en 11 éme position. Je bois un coup, mange un bout de cake mais ne m’attarde pas trop. Au moment de repartir, surprise, je tombe sur Seb, mon voisin de bureau, en train de randonner dans le coin. Mine de rien, ça fait sacrément du bien au mental de tomber sur quelqu’un qu’on connaît dans ce genre d’épreuve… La montée qui suit, vers le col du Grand Fond, est sans doute un des moments les plus marquant de ma course. Je suis tout seul, dans la caillasse, j’ai la caisse, c’est le pied total. Les bénévoles au sommet m’encouragent et l’un d’eux m’indique que j’ai l’air plutôt bien par rapport à certain qui viennent de passer. Ca y est, je suis au point culminant de la course, déjà 3800 mètres de dénivelé d’avalés. Sur le papier les grosses difficultés sont passées, m’enfin bon il reste quand même un sacré bout.

 

 

 

Col du grand fond

 

 

 

Plan Mya (51,5 Km, 3907 m de D+), 7h55 - 10 éme

 

Après le col du Grand fond, je traverse vers la brèche de Parozan dans un environnement magique. La descente de la brèche est extrêmement raide, droit dans la caillasse. Je prends plaisir à envoyer dans cette descente et ne suit pas les conseils d’un bénévole qui me suggère de ménager mes cuisses… Peu avant Plan Mya, je reviens sur Yannick Blanc qui m’indique que pour lui la course s’arrête au ravitaillement, il m’indique également que maintenant je suis 10 éme… Au ravitaillement mon père est là. Je fais le plein de la poche à eau, je bois un peu d’eau plate, me force à manger un bout bien que ça ne passe pas du tout et file vers le col de la sauce.

 

 

 

La bréche de Parozan

 

 

 

 

J'arrive à Plan Mya

 

 

 

La descente de la brèche de Parozan m'a un peu secoué...

 

 

 

 

Remplissage de la poche à eau (mélange 80 g de maltodextrine + 30 g de glucose par litre)

 

 

 

Col du Joly (69,5 Km, 5101 m de D+), 11h01 – 7 éme

 

La descente vers Plan Mya m’a un peu secoué le ventre et je ne suis pas au mieux dans la montée vers le col de la Sauce. Je suis rejoins par Alexandre Hayetine qui fini 4éme de la montagn’hard il y a 15 jours (100 Km-8200m de D+)…respect ! Alexandre me prend quelques dizaines de mètres dans le début de l’ascension mais finalement je reviens sur lui au niveau du col. Derrière nous j’aperçois un concurrent à 5 minutes et mon frère plus bas à 15 minutes. J’imprime le rythme sur la crête des Gittes et nous arrivons au refuge du bonhomme en 8 éme et 9 éme position. On s’arrête 2 minutes pour boire un coup et filons. Je commence à sérieusement croire à un top 10 et ne veux donc plus risquer qu’on revienne sur moi.

Le problème c’est que pour la première fois depuis le début de la course je commence à avoir des douleurs musculaires au niveau des cuisses qui me posent problème dans les descentes… Je paye sans doute ma descente trop appuyée de la brèche de Parozan…J’aurais du écouter le bénévole. Il y a beaucoup de randonneurs dans le coin qui nous encouragent. Je me surprends à répondre « merci » lorsqu’on me dit « bonjour »…Hum, la fatigue commence belle et bien à être là. Nous sommes au col du Bonhomme en 9h15. La descente vers le pied du col de la fenêtre est douloureuse mais cela tient encore. Nous sommes toujours talonnés à 5 minutes lorsque nous attaquons le col de la fenêtre. Ce col marque la fin des difficultés et au sommet nous avons 5000 mètres de dénivelé dans les jambes. Je retrouve un peu de canes dans la descente vers le col du Joly, sachant que mon père, ma mère, ma belle sœur et ma nièce m’y attendent. Avant de rejoindre le ravito nous rattrapons le 7éme de la course qui n’a pas l’air au top. Comme d’habitude, je remplis la poche à eau, un peu d’eau plate, un gel et je file. Alexandre n’a pas l’air au mieux et je repars donc tout seul en 7éme position.

 

 

J'arrive au col du Joly

 

 

 

Ca commence à tirer

 

 

 

Mais ça court encore

 

 

 

Le rituel du remplissage de la poche à eau

 

 

 

Je me force un peu à bouffer

 

 

 Les Saisies (88,5 Km, 5494 m de D+), 13h30 – 7 éme

 

La section entre le col du Joly et les Saisies est très roulante et il faut sans cesse se botter le cul pour relancer dans les portions plates, voir légèrement montantes. J’ai la ferme intention de garder ma place et me rentre vraiment dedans. Régulièrement je me retourne… Personne en vu. Vers le Mont Clocher, Joel Pellicier fait un bout de chemin avec moi et me brief sur la suite du parcours. Il m’indique encore 20 km avant l’arrivée…Putain, ça va être long. Ma foulée sur les portions plates est encore assez respectable, j’ai encore la puissance dans les montées, par contre j’ai les muscles des cuisses extrêmement douloureux pour me freiner dans les descentes… Dire qu’il va falloir se taper 1400 m de dénivelé de descente pour rejoindre l’arrivée. Bref, j’arrive enfin aux Saisies, les 20 bornes que je viens de me taper depuis le col du Joly m’ont fait mal mais je pense avoir fait le trou. C’était sans compter sur le retour énorme de Mickael Didé que j’avais doublé il y a maintenant quasi 9h au niveau du col du Coin.

 

 

Quelques part entre le col du Joly et les Saisies. (Photo de Joel Pellicier)

 

 

 

J'arrive aux Saisies

 

 

 

Fatigué

 

 

 

Allez, hop hop hop !

 

 

 Queige (103 Km, 5850 m de D+), 15h22 – 9éme

 

 

Nous repartons quasiment ensemble du ravitaillement et effectuons la dernière ascension vers le signal de Bisanne ensemble. Je lui souhaite alors une bonne descente et le laisse filer. Pour moi, la descente va être compliquée. Je suis confiant et estime qu’à priori personne ne devrait revenir maintenant. Régulièrement, je m’arrête pour essayer de détendre mes quadriceps. Enfin, j’aperçois le chapiteau de l’arrivée et entends les bruits des motos, signe que la fin est proche. Mais, à 2 ou 3 km de l’arrivée je me fais litéralement déposer par Matthias lehmann. Il me suis à 5 minutes depuis le tout début de la course… Je lui demande s’il y a du monde derrière, et il m’indique que oui, il y a 2 mecs à 3-4 minutes. Putain, je ne veux pas me faire sortir du top 10 à 2 km de l’arrivée. Bizarrement j’arrive alors à relancer et à terminer pleine balle vers l’arrivée. Je passe l’arche marquant la fin de la promenade en 15h22 à la 9 éme place et à 1 minute du 8 éme et du 7éme. Finalement le 10 éme, Alexandre, était à 12 minutes derrière. Mon frère arrive en 12 éme place en 15h38. 205 personnes arriveront sur 293 au départ. Le dernier participant bouclera la course en 26h09 après une nuit sans doute très difficile.

 

 

Arrivée !

 

 

9 éme, 15h22 !

 

 

Cette course est de loin ma plus belle en termes de paysages, de sensations, et de performance. Jouer la place comme ce fut le cas pendant en gros 10 heures ajoute à la fatigue physique une fatigue nerveuse qui vient encore intensifier les sensations déjà énormes que l’on peut ressentir. 

 

En tant que finisseur dans les 10 premiers, j’aurais même droit à ma petite interview post-course sur la ligne d’arrivée et à une remise de prix le lendemain en compagnie des 10 premiers. De quoi vous motiver pour reprendre l’entraînement…

 

 

Thierry Bochet et oim à l'arrivée.

 

 

 

Remise des prix le lendemain.

 

 

 

Le panier !

 

 

 

Les 10 premiers (il manque le 2 et 3)

 

 

 

7-8-9 et 10 éme

 

 

 Bon, pour finir, un grand merci à notre papa qui, une nouvelle fois, a traversé la France pour venir assister 2 de ses fistons. Merci aussi à notre maman qui était présente à partir du Col du Joly, à la belle sœur et à la petite Poupy ! Et bien sur un grand merci à tout les bénévoles !

 

Enfin, un grand merci au coach Gildas, de la Team Savoie Endurance, sans qui je n’aurais sûrement pas autant perfé. Les séances de tortures autour de la piste ont payées et le pic de forme était pile à l'heure !



18/07/2011
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